juillet 25, 2021

Vignettes anti-pollution : à qui profite le business ?

Conscient de l’impact environnemental des véhicules terrestres, ainsi que de leurs conséquences sur la santé de la population, le gouvernement français a lancé un dispositif ayant pour objectif de restreindre la circulation aux véhicules les moins polluants dans certaines zones, à savoir les ZFE (zones à faible émission), ainsi que les périmètres dans lesquels le système de circulation différenciée est mis en place. Il s’agit en l’occurrence du « certificat qualité de l’air » ou de la vignette anti-pollution qui classifie les véhicules qui circulent dans tout l’Hexagone des moins polluants aux plus polluants, sur une échelle de 0 à 5. Comment obtenir votre vignette anti-pollution en ligne ? À qui profite l’entrée en vigueur de ce dispositif ?

Comment vous procurer votre vignette anti-pollution en ligne ?

La vignette anti-pollution représente un véritable sésame pour circuler dans les ZFE officiellement déclarées, telles que le Grand Paris, la ville de Paris, Grenoble-Alpes-Métropole et le Grand Lyon.

Sept autres zones seront instaurées dans le courant de l’année 2021 : la métropole Rouen-Normandie, Toulouse métropole, Eurométropole de Strasbourg, la métropole Aix-Marseille-Provence, Nice-Côte d’Azur, Toulon-Provence-Méditerranée et Montpellier-Méditerranée métropole. Dans ces zones anciennement baptisées ZCR (zones à circulation restreinte), la restriction de la circulation aux véhicules autorisés se fait de manière permanente ou sur des plages horaires déterminées.

Les certificats qualité de l’air sont obligatoires dans les territoires qui ont instauré une circulation différenciée lors de pics de pollutions persistants ou intenses. En l’occurrence, l’interdiction d’accès aux véhicules non autorisés est temporaire, c’est-à-dire jusqu’à ce que l’épisode de pollution disparaisse.

Dans tous les cas, pour vous procurer votre vignette anti-pollution en ligne, n’hésitez pas à vous rendre sur ce site, un service privé indépendant de l’Administration, ou à vous orienter vers le site dédié mis en place par le ministère de la Transition Écologique. Mais avant cela, il convient de connaître la classe environnementale de votre véhicule. Il faut ensuite déterminer si votre véhicule est immatriculé en France ou dans un autre pays, remplir le formulaire de demande, notamment avec vos informations personnelles, le numéro d’immatriculation du véhicule et sa date de première immatriculation. Le coût de la pastille est fixé à 3,67 € pour un envoi en France et à 4,51 € pour un envoi hors France.

Si lors de la différenciation de circulation ou dans les ZFE, un automobiliste roule avec un véhicule non autorisé ou sans vignette anti-pollution, il peut être verbalisé avec une contravention de troisième classe, induisant une amende forfaitaire de 68 € (deux-roues, véhicules particuliers) ou de 135 € (autocars et poids lourds).

vignette anti pollution

Vignettes anti-pollution : une opération gagnante pour l’État et pour l’environnement

En 2017, la ministre de l’Écologie et des Transports a annoncé que la France avait franchi le cap du million de ventes de vignettes anti-pollution. D’après elle, 1,4 million de macarons ont été commandés par des particuliers et 340 000 par des entreprises. Jusqu’à aujourd’hui, ce chiffre ne cesse de croître, le nombre de voitures particulières qui circulent en France ayant outrepassé la barre des 40 millions.

Cependant, ce succès des certificats de qualité de l’air n’a pas fait l’unanimité, et ce, bien que leur coût ne soit pas exorbitant et que le gouvernement les ait mis en place pour une raison louable : réduire drastiquement la pollution atmosphérique émanant du transport routier, ainsi que ses impacts sur la santé.

En effet, l’association 40 millions d’automobilistes n’a pas hésité à dénoncer « une opération de communication, qui ne célèbre en réalité que l’achat forcé d’une pastille vouée à disparaître dans quelques années, et une opération lucrative pour l’État« . Le délégué de l’association a rajouté que « les politiques ne se satisfont plus d’imposer des dépenses supplémentaires aux automobilistes et d’amputer leur droit à la mobilité, ils prennent maintenant plaisir à se pavaner devant les médias pour s’en vanter. C’est d’autant plus hypocrite dans le cas de Crit’Air puisque cette vignette, comme feue la pastille verte avant elle, est vouée à disparaître. Dans 5 ou 10 ans, les performances environnementales des véhicules auront évolué. Reste que l’État a fait une très belle opération financière avec ce dispositif parfaitement inutile !« 

Ce dispositif ne fait certes pas 100% d’adeptes, mais son ambition reste louable. Il convient en effet de rappeler que le dispositif demeure un pilier gouvernemental de la relance verte des économies française et européenne. Grâce à celui-ci, le gouvernement envisage de mettre fin aux ventes de véhicules polluants qui fonctionnent à l’énergie fossile carbonée à l’horizon de 2040, au profit de ceux 100% électriques « zéro émission moteur ».

Doit-on alors préférer les véhicules neufs aux voitures d’occasion ?

Comme déjà évoqué précédemment, l’État souhaite transformer le paysage des mobilités en réservant l’accès aux ZFE et aux périmètres de circulation différenciée aux véhicules récents et propres. Les vignettes anti-pollution ne sont donc pas actuellement obligatoires dans toute la France, mais elles le seront certainement d’ici quelques années. En effet, si l’Hexagone ne comptait que quatre ZFE, cette année 7 nouveaux territoires seront concernés. Puis, d’ici à 2025, le dispositif des ZFE va s’étendre à l’intégralité des agglomérations de plus de 150 000 habitants. Par ailleurs, confrontées à des épisodes de pollution, de plus en plus de communes jouent actuellement la carte de la circulation différenciée.

Compte tenu de tout cela, lorsque l’on souhaite aujourd’hui faire l’acquisition d’un nouveau véhicule, il est plus pertinent d’anticiper le futur en faisant l’impasse sur les modèles d’occasion, à moins qu’ils ne disposent d’une meilleure classe environnementale qui les autorise à circuler sans restriction dans toute la France, notamment dans les périmètres où le dispositif « certificat qualité de l’air » est en vigueur :

  • Voitures électriques ou hydrogènes « zéro-émission » : vignette anti-pollution classe 0
  • Voitures essence ou hybrides aux normes Euro 6 et 5 : vignette anti-pollution classe 1
  • Voitures essence ou hybrides aux normes Euro 4 et diesel aux normes Euro 6 et 5 : vignette anti-pollution classe 2

Alors que les véhicules comportant un macaron de classe 3 (modèles à essence Euro 3 et 2 et diesel Euro 4) figurent aujourd’hui parmi ceux autorisés dans les ZFE ou en cas de pic de pollution, les restrictions pourraient s’étendre à ceux-ci dans l’éventualité d’un épisode de pollution persistant. Le Grand Paris prévoit même de les écarter de la circulation à partir du 1er juillet 2022, et d’autres agglomérations pourraient probablement en faire de même. Cela dit, il vaut mieux ne pas prendre le risque d’acheter un véhicule d’occasion ayant un classement environnemental 3, sauf si l’on est habitué à changer régulièrement de voiture.

Pour l’achat d’un véhicule neuf peu polluant, on peut prétendre au bonus écologique octroyé par l’État, dans la mesure où la valeur de la voiture n’excède pas 60 000 €. Le montant de cette aide varie selon la catégorie du véhicule acquis et du revenu fiscal de référence par part du demandeur.

On peut ajouter à cela la prime à la conversion qui est une subvention gouvernementale dont l’objectif est de permettre aux Français d’acheter une nouvelle voiture en échange de la mise au rebut de leur ancien véhicule.

Par ailleurs, si l’on n’a ni les moyens ni l’envie de dépenser une somme conséquente pour s’offrir une voiture neuve, le leasing constitue une excellente alternative. Ce dispositif permet aux consommateurs d’avoir la jouissance du véhicule de leur choix, en contrepartie du paiement de mensualités. Au terme du contrat, ils peuvent décider d’en faire l’acquisition ou de louer un autre modèle. Son principal avantage est qu’il permet à tout le monde de rouler avec un véhicule de dernière génération et d’en devenir le propriétaire à la fin du contrat. De plus, il donne aussi droit à la prime à la conversion, à condition que la voiture louée ne soit pas polluante.