Pfizer : qui est le groupe pharmaceutique derrière le vaccin contre la Covid-19 ?

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Qui est Pfizer, le premier groupe pharmaceutique derrière le vaccin contre la covid-19 ?

En pleine crise sanitaire depuis 16 mois, impossible de ne pas connaître le nom du premier fabricant de vaccin contre la Covid-19 : Pfizer. Si ce nom vous était sûrement inconnu avant l’épidémie, sachez que l’entreprise pharmaceutique possède une longue histoire, marquée par de nombreuses découvertes importantes. Vous souhaitez en savoir plus sur le laboratoire qui fabrique le vaccin que l’on vous recommande de prendre ? Découvrez le groupe Pfizer.

Pfizer, laboratoire depuis 1849

Même si l’on connait Pfizer depuis 1996, année durant laquelle le laboratoire a créé et commercialisé le fameux Viagra, l’entreprise existe déjà depuis un long moment…

Création de Pfizer

Karl Pfizer, un jeune chimiste allemand de 26 ans, décide de partir vivre aux Etats-Unis en 1848. En arrivant à New-York, il prendra le nom de Charles Pfizer. Il ne lui faudra qu’un an sur le territoire américain pour décider, en collaboration avec son cousin, le confiseur Charles Erhart, de fonder sa société : Pfizer and Company Inc. Leur première création, une confiserie aux propriétés vermifuges, fait succès et se fabrique à grande échelle pour être utilisée partout dans le monde. C’est le résultat de l’alliance entre un spécialiste des produits à base de sucre et un expert en chimie.

Continuité

L’entreprise se spécialise par la suite dans l’acide citrique et ses diverses applications. Elle n’est pas centrée sur les produits pharmaceutiques et développe d’autres produits comme des additifs alimentaires ou des arômes de synthèse. Durant le début du XXème siècle, Pfizer travaillera notamment sur la fabrication d’acide citrique à partir de fermentation. Ce seront les premiers à maîtriser une production de masse d’acide citrique à partir de mélasse. Des travaux, qui vont se révéler fortement utiles durant la seconde guerre mondiale, où les laboratoires pharmaceutiques sont forcés de se concentrer sur l’élaboration de médicaments pour combattre les infections dangereuses en circulation.

Si les propriétés antimicrobiennes de la pénicilline ont été découvertes par Alexander Fleming en 1929, ce n’est qu’en 1942, grâce aux travaux extraordinaires d’Ernst Boris Chain et Howard Walter Florey, qu’il fut possible d’en produire. Plusieurs laboratoires pharmaceutiques, dont Pfizer, se lancent dans la production en grande quantité du premier antibiotique capable de soigner des maladies infectieuses. À ce moment-là, Pfizer s’apprête à monter en grade. Grâce aux travaux du laboratoire sur la fermentation en procédé industriel, le groupe devient le plus grand producteur de pénicilline au monde. Ce succès lui permettra d’investir dans de nombreux sujets de recherches, jusqu’à ce qu’il crée son premier vaccin contre la poliomyélite.

Viagra, la pilule bleue du succès pour Pfizer

En 1996, Pfizer découvre le viagra. Vous connaissez sûrement l’histoire du viagra : à l’origine, les chercheurs travaillaient sur une molécule qui avait le potentiel pour traiter l’angine de poitrine. Lors des essais cliniques, ils constatent avec regret que leur produit n’a aucun effet sur la maladie cardiaque. Cependant, parmi les effets secondaires provoqués par la molécule, un se distingue particulièrement par son action : l’apparition d’une érection. Oui, les chercheurs à l’origine de la fameuse découverte accidentelle du viagra sont les chercheurs de Pfizer. Cette découverte ouvrira au groupe, les portes du sommet du monde pharmaceutique : l’action de Pfizer en Bourse monte en flèche et l’argent ne cesse de couler.

Leader mondial en pharmaceutique : l’ascension de Pfizer

Dès le début des années 2000, tout va aller très vite pour Pfizer. Le groupe devient le numéro 2 mondial de son secteur en rachetant le conglomérat américain Warner-Lambert et ses produits stars dont les pastilles Vichy pour n’en citer qu’un, pour la modique somme de 87 milliards de dollars. Pfizer ne cessera de racheter et de fusionner avec d’autres grands groupes :

  • Les laboratoires Pharmacia en 2002.
  • L’entreprise pharmaceutique Wyeth en 2009, pour un montant de 68 milliards de dollars.
  • L’entreprise pharmaceutique spécialisé en matériel médical Hospira en 2015, valorisé à 17 milliards de dollars.
  • Les spécialistes des traitements de l’eczéma Anacor en 2016, pour 5,2 milliards de dollars.
  • La société Array Biopharma en 2019 pour 11,4 milliards de dollars

En 2016, Pfizer s’apprêtait à réaliser un coup de maître. Le groupe souhaitait déplacer le siège social en dehors des Etats-Unis. Pour ce faire, Pfizer proposa à Allergan un marché : valoriser son groupe à 160 milliards de dollars si Allergan rachète le groupe tout en nommant le nouvel ensemble Pfizer et en maintenant Ian Read en PDG. Malheureusement, les Etats-Unis ont grandement réformé les possibilités d’inversion fiscale et le marché est annulé. Cela n’empêchera pas Pfizer de devenir le leader de son secteur d’activité, et ce, avant la covid-19.

le groupe Pfizer aujourd’hui

Pfizer, en tant qu’entreprise, c’est :

  • 51,58 milliards de dollars de chiffre d’affaires,
  • 246,38 milliards de dollars de capitalisation boursière,
  • 125 pays dans lesquels on trouve une structure de l’entreprise,
  • 89 sites de production,
  • 92 000 collaborateurs dont 3 000 en France.
  • 3ème entreprise biopharmaceutique mondiale.

L’ancien PDG Ian Read, à ce poste pendant 9 ans, a grandement contribué à l’essor de l’entreprise. Il est à l’initiative de la profonde transformation du groupe, dont l’objectif était de se concentrer sur l’innovation et la recherche, afin de devenir leader de ce domaine.

Ainsi, Pfizer en tant que laboratoire pharmaceutique, c’est :

  • 7 centres de recherche,
  • 338 études cliniques actives,
  • 92 molécules en cours de développement,
  • 25 nouveaux médicaments innovants et hautement spécialisés d’ici 2025,
  • 15% du chiffre d’affaires investi dans la recherche et le développement,
  • 1936 brevets accordés,
  • 785 millions de patients.

Pfizer concentre ses recherches sur 6 axes prioritaires : les maladies cardiovasculaires et métaboliques, les maladies infectieuses, les vaccins, l’oncologie, l’immuno-inflammation et les maladies rares. Le groupe pharmaceutique semble clairement préparer l’avenir. Il a pour ambition de faire face aux plus gros obstacles de notre monde en matière de santé et de participer aux révolutions médicales de demain. On sait actuellement que leurs chercheurs travaillent sur le développement de l’immunothérapie, une méthode révolutionnaire pour soigner de nombreuses maladies, mais surtout, sur la thérapie génique. Néanmoins, comme vous le savez, Pfizer est pour le moment principalement investi dans la lutte contre la Covid-19.

Vaccin Pfizer et Covid-19

En partenariat avec la société de biotech allemande BioNTech, Pfizer annonce le 9 novembre 2020, durant la 3ème vague de l’épidémie en Europe, que leur candidat vaccin contre la Covid-19 possède une efficacité de 90%. Ce vaccin utilise une technologie expérimentale consistant à injecter une partie du code génétique du virus pour activer une réponse du système immunitaire. C’est ce qu’on appelle le vaccin à ARN messager.

Annonce du vaccin et bourse

L’annonce d’un vaccin efficace à 90% par Pfizer est la première dans le monde. Les conséquences de cette annonce sur l’action en bourse sont énormes : +25% pour le titre BioNtech et +7% pour Pfizer. Profitons-en pour aborder la polémique provoquée par le PDG Albert Bourla, présent à ce poste depuis 2019, et par la vice-présidente, Sally Susman. Ces derniers ont fait réagir la presse lorsqu’ils décidèrent de vendre, le jour même de l’annonce, l’équivalent de 5,6 millions de dollars d’actions du laboratoire (1,8 million de dollars pour la vice-présidente). Un porte-parole de Pfizer expliquera par la suite que cette vente fait partie du plan de désinvestissement périodique. La cession des titres lorsque l’action atteint un certain prix serait prévue depuis 2019 dans le cadre de la gestion financière personnelle du PDG. Où se situe le problème ? Il est relativement mal vu de capitaliser sur des évènements ponctuels d’enjeu public. Cela met également en lumière les enjeux financiers de l’industrie pharmaceutique, qui pour de nombreux acteurs, sont devenus la priorité du secteur.

Mise sur le marché en urgence

Pfizer demanda 11 jours après avoir annoncé l’efficacité de son vaccin (revue à la hausse 2 jours après l’annonce à 95%) une autorisation de mise en marché d’urgence à la FDA, puis 2 semaines plus tard à l’EMA, deux instances d’autorité médicale. La campagne de vaccination démarra ainsi le 27 décembre 2020 en France avec Pfizer. Qu’est-ce que la mise sur le marché en urgence ? En temps normal, il faut plus d’une dizaine d’années pour pouvoir obtenir l’AMM (autorisation de mise sur le marché). C’est le laps de temps nécessaire pour évaluer les risques à long terme d’un vaccin. Or, dans un contexte de pandémie et de crise sanitaire, les AMM sont conditionnelles. On sacrifie l’efficacité et la sécurité à long terme au prix des bénéfices provoqués par la disponibilité immédiate du produit. C’est une des raisons pour laquelle le vaccin est contesté. De nombreuses personnes ne se sentent pas en confiance face à un vaccin expérimental dont l’AMM n’est pas encore standard. Nous connaissons cependant le principe des vaccins à ARNm depuis longtemps. Mais effectivement, c’est la première fois qu’un vaccin utilisant cette technologie est produit.

Une autre raison expliquant la méfiance d’une partie de la population vis-à-vis du vaccin : l’historique judiciaire de Pfizer. Le groupe, comme beaucoup d’autres finalement, a subi de nombreux procès. Certains alertent sur les choix effectués par la direction : promotion abusive de médicament interdit, corruption de médecins et de représentants de gouvernement, tests de médicament illégaux et une histoire récente de corruption en Chine.

Un vaccin qui rapporte

Les groupes pharmaceutiques sont des entreprises comme les autres : elles travaillent pour augmenter leur chiffre d’affaires. Pfizer et BioNtech ont multiplié les contrats de livraison de vaccin portant le nombre de doses vendues à 2,1 milliards. Le laboratoire estimait en début d’année que le vaccin devrait lui rapporter 33,5 milliards de dollars. Cette somme s’élève aujourd’hui à 80 milliards de dollars. C’est sans mentionner l’annonce récente de Pfizer et Moderna d’augmenter les prix de leurs doses pour les pays de l’UE. Le vaccin Pfizer passe de 15,50 à 19,50 euros, une hausse que les laboratoires justifient par l’efficacité maintenant établie sur le variant Delta, majoritaire en Europe. Cela se justifie surtout par le monopole du vaccin, seule solution à la crise sanitaire présentée au gouvernement, détenu par une poignée d’entreprise. Ainsi, même si une augmentation de 25% du prix est au final, excessif pour le bénéfice apporté, la dépendance des gouvernements à cet outil de sortie de crise détenu par Pfizer lui permet de gonfler allégrement le prix de son vaccin. La France estime avoir dépensé 4,6 milliards d’euros de plus que le coût de production des doses qu’elle a acheté. Cette dépense, sera supportée par les finances publiques et la sécurité sociale.

Néanmoins, avec l’arrivée du vaccin Sanofi en décembre 2021, Pfizer ne pourra plus augmenter ses prix à souhait, sous peine de ne plus être cohérent face à la concurrence. Dans tous les cas, les bénéfices engendrés par le vaccin permettent de confirmer la place de Pfizer dans le leadership du secteur pharmaceutique, un secteur, qui semble prendre une place de plus en plus importante dans notre système.

 

Auteur : Julie

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