72,23 € de budget hebdomadaire pour deux : Le nouveau défi des courses chez Leclerc, Carrefour et Intermarché en 2026

Un couple compare les prix des courses avec un smartphone en magasin
Le budget de 72,23 € correspond à un panier standardisé de 24 produits relevés en mars 2026.

72,23 € par semaine pour nourrir un couple en 2026, c’est le chiffre qui circule, calculé à partir d’un panier de 24 produits relevés en mars dans trois enseignes, Carrefour, E. Leclerc et Intermarché. Sur le papier, ça ressemble à un repère simple, presque rassurant, un budget « moyen » pour tenir une semaine avec des produits du quotidien. Mais si on prend ce montant au pied de la lettre, on risque de se faire piéger, parce qu’il repose sur un panier volontairement standardisé, donc incomplet. Il ne couvre ni l’entretien, ni l’hygiène, ni la diversité réelle d’un frigo, ni les achats hors grande distribution, ni les écarts régionaux. Le vrai signal, c’est la tendance: ce panier a pris 10,4% depuis 2022, passant de 65,07 € à 72,23 €, même quand l’inflation « visible » semble ralentir.

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Radin Malin fixe un panier de 24 produits relevé en mars 2026

Le calcul repose sur une méthode simple: relever des prix en magasin sur un socle de produits courants, puis faire une moyenne entre Carrefour, E. Leclerc et Intermarché. Le panier vise des aliments du quotidien, féculents, légumes, produits laitiers, protéines, avec des formats cohérents pour une semaine à deux. Pas de sac de 10 kg de pommes de terre « pour tricher », et certains produits achetés en grand format, comme l’huile d’olive, sont ramenés à une consommation hebdomadaire estimée.

Dans la liste, on retrouve typiquement des basiques comme pommes de terre, pâtes, oeufs, lait, poulet, plus quelques produits transformés simples. L’idée, c’est de coller à une consommation « moyenne » et de permettre une comparaison dans le temps. Luc, 39 ans, employé administratif, me disait en sortant d’un hyper: « Ce genre de panier, ça m’aide à me situer, mais je sais que je dépasse dès que je rajoute café, fromage et deux trucs pour l’apéro ». Et c’est là que le chiffre devient utile, à condition de le lire comme un repère.

Faire ses courses en ligne : les avantages

Ce panier standardisé a aussi un avantage journalistique: il limite les débats sans fin sur les choix alimentaires de chacun. Mais il a une faiblesse, et elle est majeure : on la voit dès qu’on fait une vraie tournée de courses: les dépenses « satellites » pèsent lourd. Une semaine sans lessive, sans gel douche, sans papier toilette, c’est rare. De ce fait, les 72,23 € décrivent un socle alimentaire, pas le ticket de caisse complet d’un foyer.

De 65,07 à 72,23 € depuis 2022, une hausse de 10,4%

Entre 2022 et 2026, le panier passe de 65,07 à 72,23 €, soit +10,4% en quatre ans. Dit autrement, c’est plus de 7 € de plus par semaine pour les mêmes familles de produits, donc environ 30 € par mois, autour de 360 par an, si tu restes sur ce panier type. Ce n’est pas un gouffre isolé, mais ça s’additionne à tout le reste, logement, énergie, transport, assurances, et c’est souvent cette accumulation qui change le ressenti.

Ce qui frappe, c’est que le panier est « raisonnable » et pourtant il grimpe. Les hausses ne se voient pas toujours de manière spectaculaire sur un produit, elles se diffusent dans le caddie. Un couple peut absorber une hausse sur les pâtes une semaine, puis sur les produits laitiers la suivante, puis sur les protéines. Et à la fin, la somme fait mal. Une économiste de la consommation, Claire D., résume souvent le mécanisme comme ça: « Les ménages ne vivent pas une ligne de prix, ils vivent une addition de postes ». C’est basique, mais c’est exactement ce qui se passe.

Nuance importante, parce qu’il faut la dire: ce panier standardisé ne mesure pas vos arbitrages réels. Certains foyers utilisent beaucoup les promotions, d’autres achètent plus de produits frais, d’autres encore basculent vers des marques distributeur. Et il y a des différences à l’intérieur des catégories: certaines familles évoluent peu, d’autres plus, et tous les produits d’un même rayon ne bougent pas au même rythme. Résultat, on peut avoir une impression de stabilité sur une référence, et une hausse nette sur une autre.

Le panier n’inclut ni hygiène ni entretien, le budget réel dépasse souvent 72 €

Le point qui fâche, c’est ce que le panier ne contient pas. Pas de produits d’entretien, pas d’hygiène-beauté, pas la variété réelle d’une semaine de repas, pas les achats imprévus. Or ce sont souvent ces lignes qui font exploser un ticket: lessive, liquide vaisselle, shampoing, dentifrice, protections, papier toilette. Même quand tu fais attention, tu finis par les racheter, et tu n’as pas forcément envie d’étaler ces dépenses sur plusieurs semaines juste pour rester « dans la moyenne ».

Autre limite, les différences régionales et les habitudes. Si tu habites une zone où l’offre est dominée par un type de magasin, ou si tu complètes au marché, la comparaison devient moins évidente. Et puis il y a le hors-alimentaire déguisé: sacs de congélation, aluminium, éponges, piles, sans parler des achats « à la caisse » qui grignotent le budget. Sophie, 33 ans, infirmière, m’explique son réflexe: « Je fais une liste stricte, mais je me fais avoir quand je viens affamée, je rajoute toujours un truc ». Ce n’est pas une faute morale, c’est un biais classique.

Pour tenir un budget proche de 72,23 €, les leviers les plus concrets restent les marques distributeur, la comparaison au kilo, et une vraie planification des repas, surtout sur les protéines. Mais il faut aussi être lucide: acheter « moins cher » un produit dont tu n’avais pas besoin, ce n’est pas une économie. Et si tu cherches un chiffre utile, retiens celui-ci: 72 décrit un plancher alimentaire standardisé, pas la réalité complète d’un couple en 2026 quand on ajoute l’entretien, l’hygiène et les écarts de consommation.