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Le mois de février marque un ajustement discret mais déterminant pour de nombreux retraités. Si une revalorisation des pensions est bien entrée en vigueur au 1er janvier, son effet réel sur le virement mensuel varie selon la situation fiscale. Pour une partie des bénéficiaires, l’augmentation annoncée se trouve neutralisée, voire effacée. En cause, l’actualisation du barème de la contribution sociale généralisée, appliquée en début d’année. Voyons tout cela plus en détail.
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Une hausse des pensions de base visible à partir du versement de février
Les pensions de retraite de base ont été revalorisées de 0,9 % au 1er janvier. Cette mesure concerne environ 17 millions de retraités affiliés aux régimes de base. Elle a été actée après l’abandon d’un gel initialement envisagé dans le cadre des discussions budgétaires.
Dans les faits, cette revalorisation n’apparaît qu’avec le virement de février. Le paiement reçu en janvier correspondait encore à la pension due pour le mois de décembre, calculée avant l’entrée en vigueur de la hausse. Le versement de février est donc le premier à intégrer les nouveaux montants bruts.
Cette augmentation ne se traduit pas systématiquement par un gain net, car un autre paramètre entre simultanément en jeu.
La révision du barème de CSG modifie la pension nette
Au début de l’année, le barème de la contribution sociale généralisée applicable aux pensions est mis à jour. Cette révision repose sur le revenu fiscal de référence et sur des seuils revalorisés selon l’inflation observée deux ans plus tôt. Pour l’exercice en cours, cette revalorisation est limitée à 1,8 %.
Or, les pensions de base avaient progressé de 5,3 % au 1er janvier 2024. Cette hausse, nettement supérieure à l’actualisation des seuils, a mécaniquement fait augmenter le revenu fiscal de nombreux retraités au-delà des nouvelles limites.
Pour les foyers situés à proximité des plafonds, ce décalage complique toute stratégie visant à éviter la hausse des impôts en 2026, leurs revenus progressant plus vite que les seuils fiscaux.
Le taux de CSG appliqué en 2026 est déterminé à partir du revenu fiscal de référence de 2024, indiqué sur l’avis d’imposition reçu à l’été 2025. Ce décalage temporel explique pourquoi certains foyers changent de tranche sans amélioration sensible de leur pouvoir d’achat.
Le passage à un taux supérieur entraîne une diminution immédiate du montant net versé, malgré la revalorisation brute de la pension.
Les seuils de CSG applicables selon le foyer fiscal
Les taux de CSG varient en fonction du nombre de parts fiscales du foyer. Le tableau ci-dessous récapitule les seuils de revenu fiscal de référence pris en compte.
| Parts fiscales du foyer | CSG à 0 % | CSG à 3,8 % | CSG à 6,6 % | CSG à 8,3 % |
|---|---|---|---|---|
| 1 part | RFR ≤ 13 048 € | RFR de 13 049 € à 17 057 € | RFR de 17 058 € à 26 470 € | RFR > 26 470 € |
| 1,5 part | RFR ≤ 16 530 € | RFR de 16 531 € à 21 611 € | RFR de 21 612 € à 33 536 € | RFR > 33 536 € |
| 2 parts | RFR ≤ 20 014 € | RFR de 20 015 € à 26 165 € | RFR de 26 166 € à 40 604 € | RFR > 40 604 € |
Un retraité vivant seul peut ainsi devenir assujetti à la CSG à 3,8 % dès lors que son revenu fiscal dépasse 13 048 € sur l’année. Pour un couple disposant de deux parts fiscales, ce seuil est fixé à 20 015 €.
Des effets concrets sur les prochains virements
Pour les retraités dont le taux de CSG augmente, la baisse porte exclusivement sur la pension nette. Le montant brut reste inchangé, mais la ponction sociale s’alourdit.
Le calendrier d’application dépend du régime concerné :
- Pour le régime général, le nouveau taux s’applique dès les versements de février
- Pour la retraite complémentaire Agirc-Arrco, l’ajustement interviendra à compter du mois de mars
Les retraités aux revenus intermédiaires sont les plus exposés, en particulier ceux situés à proximité immédiate des seuils fiscaux. Pour eux, le virement de février peut marquer un recul tangible du montant perçu chaque mois.
Maman d’une petite fille, j’écris sur des sujets liés à la grande distribution, la finance, l’économie et l’investissement.