Forte baisse des pensions Agirc-Arrco : qui est concerné et pourquoi cela arrive-t-il maintenant ?

agirc arrco baisse pension
Les pensions Agirc-Arrco vont fortement diminuer dans quelques semaines

Le début d’année n’a pas apporté le soulagement espéré à tous les retraités. Si les pensions de base ont été revalorisées au 1er janvier, l’effet reste limité et ne concerne pas la retraite complémentaire. Pour une partie des anciens salariés du privé, les prochains versements pourraient même réserver une mauvaise surprise. En cause, un enchaînement de règles de calendrier et de prélèvements sociaux. La baisse attendue sera nette et immédiatement perceptible sur la pension nette. Décryptage.

À lire absolument :

  1. Agirc-Arrco : un mécanisme discret va causer une forte baisse des pensions pour de nombreux retraités
  2. Douche froide pour les retraités Agirc-Arrco, baisse brutale des pensions de nombreux bénéficiaires en 2026
  3. Retraite : une baisse inévitable de 134 euros en moyenne menace vos pensions. Ce que vous devez savoir maintenant

Des pensions complémentaires toujours gelées en début d’année

La retraite complémentaire versée par Agirc-Arrco ne suit pas le même rythme que les pensions de base. Contrairement à ces dernières, revalorisées au 1er janvier, les pensions complémentaires évoluent en principe au 1er novembre, après accord des partenaires sociaux.

Cette année, aucune revalorisation n’a été décidée à l’automne. Les négociations n’ayant pas abouti, les pensions sont restées inchangées malgré l’inflation. Cette stagnation contraste avec la hausse de 0,9 % appliquée aux retraites de base et pèse déjà sur le pouvoir d’achat de nombreux retraités.

La hausse de la CSG, principal facteur de baisse

La diminution attendue des pensions nettes ne vient pas d’une décision de baisse des droits, mais d’une évolution des prélèvements sociaux. La CSG appliquée aux pensions dépend du revenu fiscal de référence du foyer et se décline en plusieurs taux.

Les retraités peuvent relever de l’un des cas suivants :

  • Exonération totale pour les revenus les plus faibles
  • Taux réduit fixé à 3,8 %
  • Taux intermédiaire de 6,6 %
  • Taux plein établi à 8,3 %

Le problème tient au décalage entre l’évolution des pensions et celle du barème. Les seuils applicables en 2026 reposent sur les revenus de 2024, une année marquée par une forte revalorisation des pensions de base (+5,3 %). Les plafonds de CSG, eux, n’ont progressé que de 1,8 %. De nombreux retraités franchissent ainsi un seuil sans réelle hausse de niveau de vie, basculant vers un taux plus élevé.

En pratique, une simple ligne sur votre avis d’impôt décide si votre pension va baisser en 2026 : le revenu fiscal de référence de 2024, utilisé pour déterminer le taux de CSG applicable, peut suffire à faire changer de tranche un retraité sans modification significative de ses revenus perçus.

Les seuils de CSG applicables aux pensions en 2026

Le tableau ci-dessous présente les seuils de revenu fiscal de référence déterminant le taux de CSG appliqué aux pensions à compter du 1er janvier 2026.

Parts fiscales du foyerCSG à 0 % (RFR ≤)CSG à 3,8 % (RFR entre)CSG à 6,6 % (RFR entre)CSG à 8,3 % (RFR >)
1 part13 048 €13 049 € – 17 057 €17 058 € – 26 470 €26 470 €
1,5 part16 530 €16 531 € – 21 611 €21 612 € – 33 536 €33 536 €
2 parts20 014 €20 015 € – 26 165 €26 166 € – 40 604 €40 604 €

Un retraité vivant seul dont le revenu fiscal de référence dépasse 26 470 euros sera soumis au taux plein, même si le dépassement est limité.

Une régularisation concentrée sur la pension de mars

Le changement de taux ne s’appliquera pas immédiatement. Les pensions complémentaires de janvier et février resteront prélevées selon l’ancien taux. La mise à jour interviendra en mars, avec un effet de rattrapage.

Concrètement, la pension de mars intégrera à la fois le nouveau taux de CSG et les prélèvements non effectués les deux mois précédents. Le montant net versé ce mois-là pourra donc chuter brutalement, avant de se stabiliser à un niveau durablement plus bas.

Les retraités exonérés de CSG ne seront pas concernés. En revanche, ceux dont les revenus se situent juste au-dessus des seuils figurent parmi les plus exposés à cette baisse, qui interviendra sans modification du montant brut de leur pension.