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L’année 2026 débute sous de mauvais auspices pour les retraités du secteur privé. Alors que les pensions de base ont été revalorisées au 1er janvier, les retraités relevant du régime complémentaire vont, eux, subir une double peine. Absence de hausse, fiscalité plus lourde, puis régularisation différée : la mécanique aboutira à une diminution nette des pensions versées. Pour de nombreux assurés, la baisse sera perceptible dès les premiers mois de l’année. Décryptage.
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Les pensions complémentaires gelées
Contrairement aux retraites de base, augmentées de 0,9 % au 1er janvier 2026, les pensions versées par Agirc-Arrco restent inchangées. Les partenaires sociaux gestionnaires du régime n’ont pas trouvé d’accord sur une revalorisation annuelle, entraînant un gel inédit des montants servis.
Ce choix prive les retraités concernés de toute protection face à l’inflation résiduelle. Or, pour une large part des anciens salariés du privé, la retraite complémentaire représente une fraction déterminante du revenu mensuel. L’absence d’indexation se traduit donc par une perte de pouvoir d’achat progressive, particulièrement sensible pour les budgets déjà contraints.
L’Agirc-Arrco baisse en janvier
Derrière cette absence de revalorisation, un mécanisme discret va causer une forte baisse des pensions pour de nombreux retraités.
Dès janvier 2026, certains retraités verront leur pension nette diminuer en raison d’une hausse automatique de la CSG. Le phénomène résulte d’un décalage entre la revalorisation des pensions intervenue en 2024 et l’évolution limitée des seuils d’imposition.
Ce désajustement entraîne un changement de tranche pour de nombreux foyers, sans amélioration réelle de leur niveau de vie. Le passage d’un taux réduit de 3,8 % à un taux normal de 8,3 % se traduira immédiatement par un prélèvement plus élevé sur la retraite complémentaire.
Les principaux seuils applicables à une personne seule sont les suivants :
| Revenu fiscal de référence 2024 | Taux de CSG en 2026 |
|---|---|
| ≤ 16 755 € | exonération |
| de 16 756 € à 26 470 € | 3,8 % |
| > 26 470 € | 8,3 % |
Ce basculement concernera en priorité des retraités qualifiés de modestes, déjà exposés à une forte pression sur leurs dépenses courantes.
Un mois de mars particulièrement compliqué pour les retraités
Le moment le plus délicat interviendra en mars 2026. À cette échéance, Agirc-Arrco procédera à un rattrapage de CSG correspondant aux trois premiers mois de l’année pour les retraités ayant changé de tranche.
Cette régularisation concentrée provoquera une baisse ponctuellement marquée du montant versé, donnant l’impression d’une pension amputée sans explication. Il ne s’agira pourtant pas d’une erreur, mais d’un ajustement fiscal différé fondé sur le revenu fiscal de référence figurant sur l’avis d’imposition reçu à l’été précédent.
Pour de nombreux retraités, ce prélèvement exceptionnel pèsera lourdement sur le budget de mars, confirmant que 2026 s’ouvre sur une période financièrement délicate pour les bénéficiaires du régime complémentaire.
Maman d’une petite fille, j’écris sur des sujets liés à la grande distribution, la finance, l’économie et l’investissement.
