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La revalorisation des pensions de base intervenue au 1er janvier a pu laisser espérer une amélioration durable des revenus à la retraite. Cette hausse, limitée à 0,9 %, reste pourtant marginale et ne concerne pas l’ensemble des prestations. Pour de nombreux retraités du secteur privé, la dynamique est inverse : leur pension complémentaire va reculer dans les prochains mois. Le gel des revalorisations et l’alourdissement des prélèvements sociaux vont peser directement sur le montant net perçu. Décryptage.
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Une pension complémentaire restée inchangée
La retraite complémentaire servie par Agirc-Arrco ne suit pas le même calendrier que les pensions de base. Sa revalorisation intervient en principe au 1er novembre, à l’issue de négociations entre partenaires sociaux.
Exceptionnellement, aucun accord n’a été trouvé cette année. Les pensions complémentaires sont donc restées au même niveau, alors que l’inflation a continué d’éroder le pouvoir d’achat. Près de 14 millions de retraités se retrouvent ainsi privés de toute hausse sur cette part essentielle de leurs revenus.
La hausse de la CSG, principal facteur de baisse
La diminution à venir des pensions Agirc-Arrco s’explique surtout par l’évolution de la contribution sociale généralisée. La CSG appliquée aux pensions dépend du revenu fiscal de référence et se décline en plusieurs taux : exonération totale pour les revenus les plus faibles, puis 3,8 %, 6,6 % et enfin 8,3 %.
Le barème retenu pour 2026 repose sur les revenus perçus en 2024. Or cette année-là, les pensions avaient fortement progressé, avec une revalorisation de 5,3 % pour les retraites de base, alors que les seuils de la CSG n’ont été relevés que de 1,8 %. De nombreux retraités franchissent ainsi une tranche sans réelle amélioration de leur niveau de vie.
Pour apprécier leur situation, les intéressés doivent se référer à leur RFR 2024 figurant sur l’avis d’imposition reçu en 2025.
Voici les nouveaux plafonds de revenus de la CSG pour 2026 :
| Parts Fiscales Du Foyer | CSG À 0 % | CSG À 3,8 % | CSG À 6,6 % | CSG À 8,3 % |
|---|---|---|---|---|
| 1 Part | RFR ≤ 13 048 € | RFR De 13 049 À 17 057 € | RFR De 17 058 À 26 470 € | RFR > 26 470 € |
| 1,5 Part | RFR ≤ 16 530 € | RFR De 16 531 À 21 611 € | RFR De 21 612 À 33 536 € | RFR > 33 536 € |
| 2 Parts | RFR ≤ 20 014 € | RFR De 20 015 À 26 165 € | RFR De 26 166 À 40 604 € | RFR > 40 604 € |
À titre d’exemple, une personne seule dont le revenu fiscal de référence dépasse 26 470 € se verra appliquer le taux plein de 8,3 %.
Une régularisation concentrée au mois de mars
Le changement de taux ne sera pas visible immédiatement. Les pensions de janvier et février continueront d’être prélevées selon l’ancien taux de CSG. La mise à jour interviendra en mars, avec une régularisation portant sur les deux premiers mois de l’année.
Cette opération provoquera une baisse marquée de la pension nette versée en mars, particulièrement pour les retraités situés à la frontière entre deux tranches de revenus, notamment d’anciens cadres ou professions intermédiaires.
Pour ces assurés, la diminution ne résulte pas d’une décision isolée, mais de l’effet cumulé des règles fiscales et sociales appliquées à la retraite complémentaire.
Maman d’une petite fille, j’écris sur des sujets liés à la grande distribution, la finance, l’économie et l’investissement.
