Scandale à la CPAM : une femme en larme au téléphone après avoir perdu toute son épargne à cause d’un logiciel Arpège

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Impasse administrative à cause du bug logiciel de la CPAM

Une salariée privée de revenus depuis plusieurs semaines décrit l’impasse administrative dans laquelle elle est tombée après un arrêt maladie reconnu d’origine professionnelle, en raison d’un logiciel expérimental de l’assurance maladie incapable de recalculer ses droits, entraînant l’arrêt des versements ; dans les Pays de la Loire, région pilote du dispositif Arpège, ces dysfonctionnements provoquent depuis plus d’un an des ruptures brutales de revenus pour de nombreux assurés. Décryptage.

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Des droits reconnus mais des indemnités stoppées

Hospitalisée en décembre 2024 pour un burn-out, cette habitante de la région voit sa pathologie reconnue comme maladie professionnelle à l’automne suivant. Jusqu’à la mi-novembre, ses indemnités journalières sont versées normalement. Puis, sans avertissement, les paiements cessent.

Après plusieurs échanges avec la CPAM, le diagnostic tombe : le logiciel Arpège ne parvient pas à recalculer ses droits dans le cadre d’une maladie professionnelle. Le blocage informatique entraîne une suspension totale des revenus, sans calendrier de régularisation. Sans indemnités, l’assurée doit faire face seule à l’ensemble de ses charges fixes.

Une épargne entièrement absorbée en quelques semaines

Privée de ressources, la salariée puise dans ses économies pour subvenir aux dépenses courantes. Loyer, alimentation, énergie : chaque poste de dépense accélère la dégradation de sa situation financière. Plus de 10 000 euros ont déjà été engloutis, uniquement pour maintenir un niveau de vie minimal.

À ce stade, l’assurance maladie lui devrait entre 10 000 et 12 000 euros d’indemnités non versées. Une aide exceptionnelle a bien été sollicitée, mais seule une avance de 400 euros lui a été accordée.

L’absence d’attestation de la CPAM empêche aussi l’activation de dispositifs annexes, qu’il s’agisse de la prévoyance employeur, de certaines assurances privées ou, dans des situations de fragilité prolongée, de mécanismes comme la majoration pour la vie autonome.

Les conséquences immédiates sont multiples :

  • Épuisement total de l’épargne personnelle
  • Impossibilité de mobiliser les dispositifs assurantiels
  • Dépendance à une régularisation administrative incertaine

Des agents dépassés et un outil contesté

Les échanges téléphoniques avec la caisse n’apportent guère de réponses concrètes. Selon l’assurée, les agents se montrent eux-mêmes démunis, parfois au bord des larmes. Le rejet du logiciel Arpège semble désormais partagé jusque dans les services, confrontés à un outil qu’ils peinent à maîtriser.

Un rendez-vous physique finit par être accordé au sein de la CPAM de Loire-Atlantique, avant d’être annulé au dernier moment. Aucun report immédiat n’est proposé, prolongeant l’impasse administrative.

Des milliers de dossiers bloqués dans l’ouest

Cette situation individuelle reflète un dysfonctionnement d’ampleur. En Vendée et en Loire-Atlantique, près de 10 000 dossiers seraient actuellement bloqués. Ces deux départements concentreraient à eux seuls environ 25 % des réclamations recensées au niveau national.

La généralisation du logiciel Arpège, initialement prévue pour 2025, a été repoussée à 2026. En décembre, la défenseure des droits a donné raison à plusieurs élus et à un collectif d’assurés dénonçant les atteintes aux droits sociaux.

Les chiffres disponibles permettent de mesurer l’ampleur du phénomène :

IndicateurVendéeLoire-AtlantiqueTotal estimé
Dossiers en attente de traitement4 2005 80010 000
Part des réclamations nationales10 %15 %25 %
Montant moyen des arriérés par dossier8 000 €9 500 €

À ce jour, les dossiers restent bloqués. Sollicitée par la presse régionale, la CPAM n’a pas souhaité s’exprimer. Pour les assurés concernés, l’attente se poursuit, sans visibilité sur la reprise des versements ni sur la sécurisation de leurs revenus.