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Voté le 9 décembre à l’Assemblée nationale, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 introduit des ajustements significatifs pour les mères retraitées ou proches de la retraite. Le texte, encore en navette parlementaire, entend corriger certaines inégalités persistantes entre les pensions des femmes et celles des hommes, en s’attaquant cette fois non plus à la durée de carrière, mais aux revenus pris en compte dans le calcul des pensions. Décryptage.
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Un changement d’orientation dans la politique des retraites
Le Budget de la Sécu 2026 suspend temporairement la réforme des retraites de 2023, pour réévaluer ses effets. L’amendement adopté souligne que les écarts de pension tiennent désormais davantage aux salaires perçus qu’aux carrières interrompues, notamment en raison des congés maternité ou des temps partiels.
Cette réorientation marque une évolution de fond : l’enjeu n’est plus seulement d’assurer la validation de trimestres, mais de mieux valoriser les revenus des périodes d’activité.
Un nouveau mode de calcul plus favorable aux mères
Aujourd’hui, la pension de retraite repose sur le revenu annuel moyen, calculé à partir des 25 meilleures années. À compter de 2026, si la mesure est définitivement adoptée, les mères verront ce calcul ajusté :
- les 24 meilleures années seront retenues pour celles ayant un enfant
- les 23 meilleures années pour celles ayant deux enfants ou plus
Ce dispositif concernera le régime général et les régimes alignés (salariés agricoles, indépendants), ainsi que les non-salariés agricoles et le régime des cultes.
| Situation familiale | Années retenues pour le calcul | Régimes concernés | Application |
|---|---|---|---|
| Sans enfant | 25 années | Tous régimes actuels | Inchangée |
| 1 enfant | 24 années | Régime général, salariés agricoles, indépendants | 1er janvier 2026 |
| 2 enfants ou plus | 23 années | Régime général, non-salariés agricoles, cultes | 1er janvier 2026 |
Un levier partiel pour réduire les écarts de pension
En réduisant le nombre d’années prises en compte, la réforme accentue le poids des meilleures périodes de revenu. Les femmes dont les carrières ont été hachées devraient donc voir leur pension de base légèrement revalorisée.
Selon la Drees, quand on est une femme, on touche 27 % de moins que les hommes une fois à la retraite. Cette mesure ne supprime pas les inégalités salariales, mais atténue leurs effets au moment du départ à la retraite.
Une mise en œuvre sous surveillance
La mesure doit encore franchir les étapes du Sénat puis de l’Assemblée pour son adoption définitive. Sa mise en œuvre, prévue pour le 1er janvier 2026, ne serait pas rétroactive : seules les nouvelles liquidations de droits seraient concernées.
Les organisations syndicales, notamment la CFDT Retraités et la CFE-CGC, demandent déjà un élargissement du dispositif. Le gouvernement, lui, privilégie une application progressive, arguant de la complexité de recalculer les droits existants.
Ainsi, le Budget de la Sécu 2026 amorce une évolution discrète mais concrète : une meilleure prise en compte des carrières féminines dans le calcul des retraites, dans un système encore marqué par les effets durables de la maternité sur les parcours professionnels.
Maman d’une petite fille, j’écris sur des sujets liés à la grande distribution, la finance, l’économie et l’investissement.