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Un volcan d’Antarctique libère chaque jour une poussière d’or pur, sous forme de cristaux microscopiques. Le mont Erebus, sur l’île de Ross, projette dans l’atmosphère environ 80 grammes d’or quotidiennement ; une quantité modeste à l’échelle minière mais suffisante pour rester visible dans les mesures scientifiques et nourrir une énigme durable. Le phénomène est documenté depuis 1991, lorsque l’équipe de la géochimiste Kimberly Meeker, du New Mexico Institute of Mining and Technology, a analysé des échantillons autour du cratère, dans la neige et jusque dans la troposphère antarctique. Des particules d’or ont été retrouvées bien au-delà du volcan, jusqu’à 1 000 kilomètres, et le mécanisme qui produit ces cristaux géométriques n’est toujours pas établi.
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Le mont Erebus : 3 794 mètres et un lac de lave permanent
Le mont Erebus se dresse à 3 794 mètres d’altitude sur l’île de Ross, à environ 1 350 kilomètres du pôle Sud géographique. Ce volcan, souvent présenté comme le plus austral de la planète, se distingue par un lac de lave permanent, rare à l’échelle mondiale, où la roche en fusion reste en agitation continue. Cette activité soutenue crée des panaches de gaz et de vapeur observés de longue date.
Son comportement n’a rien d’une simple carte postale polaire. Le volcan émet régulièrement des panaches et peut projeter des bombes volcaniques, ces fragments de roche expulsés lors d’épisodes plus énergétiques. Les sources disponibles indiquent une activité continue depuis au moins 1972, et rappellent que l’édifice a été aperçu dès 1841 par l’explorateur James Clark Ross. L’or se greffe sur ce tableau déjà atypique.
L’intérêt tient aussi à la manière dont l’or est détecté. Les particules sont recherchées dans des milieux très différents, dans la neige proche du cratère, dans l’air et dans des couches atmosphériques plus élevées, ce qui permet de suivre leur dispersion. À ce stade, une nuance s’impose : 80 grammes par jour ne signifient pas une « pluie » exploitable, mais une émission diffuse, difficile d’accès, et surtout très dispersée.
Des cristaux d’or de 0,1 à 20 μm retrouvés jusqu’à 1 000 km
Les mesures évoquent des cristaux d’or élémentaire présents dans les gaz volcaniques, avec des tailles comprises entre 0,1 et 20 micromètres, et des grains pouvant atteindre 60 micromètres dans la neige environnante. À l’échelle humaine, ces dimensions relèvent de l’invisible, ce qui explique que l’or soit d’abord une affaire de laboratoire et d’instrumentation, pas un spectacle à l’œil nu.
Le point le plus frappant reste la distance. Des traces ont été identifiées jusqu’à 1 000 kilomètres du cratère, preuve d’un transport atmosphérique sur de longues trajectoires au-dessus de la glace. Le résultat suggère un panache capable d’emporter des particules métalliques et de les semer à grande échelle. Cette dispersion rend la localisation de dépôts concentrés très improbable, même si la simple présence d’or dans l’air est spectaculaire.
Les articles évoquent aussi une estimation monétaire de l’ordre de plusieurs milliers d’euros par jour. Cette conversion nourrit l’imaginaire, mais elle peut aussi brouiller le sujet. D’une part, la valeur dépend du cours, d’autre part, l’or est dilué, piégé dans une logistique antarctique complexe et soumis à un cadre de protection. L’essentiel, sur le plan scientifique, n’est pas la « valeur » quotidienne mais la singularité d’une émission en cristaux.
Phonolite, chlore, froid antarctique : une chimie encore inexpliquée
Le cœur du mystère est chimique. Plusieurs volcans émettent de l’or dans leurs vapeurs, mais sous forme dissoute, pas en cristaux. Les exemples cités situent le Klauea entre 500 et 800 grammes par jour, et l’Etna jusqu’à 2,4 kilogrammes quotidiens, sans production de cristaux d’or élémentaire. Le mont Erebus se démarque donc moins par la masse que par la forme.
Une piste rappelée est que l’or ne s’évapore pas directement du magma, son point d’ébullition étant trop élevé. Il serait transporté par des gaz chauds liés à des composés volatils, notamment des chlorures ou des composés soufrés. Le mont Erebus est aussi décrit comme le seul volcan actif connu à émettre de la phonolite, une roche à composition particulière, susceptible de jouer un rôle dans la présence d’or dans les gaz.
Reste la question : « pourquoi des cristaux se forment ici ? ». Un élément mis en avant est le rôle du froid extrême. Au contact de l’air antarctique glacial, une vapeur d’or pourrait se condenser en cristaux métalliques, un processus pas documenté ailleurs selon les sources. Mais cette explication générale ne suffit pas à trancher le mécanisme exact, et l’accessibilité limitée du site complique les campagnes de mesure, ce qui laisse l’énigme ouverte plus de trente ans après les premières analyses.
Sources
- C’est le seul volcan sur Terre qui rejette des cristaux d’or : 80 grammes chaque jour
- Chaque jour, ce volcan d’Antarctique rejette 80 grammes d’or dans l’atmosphère et les scientifiques peinent à savoir pourquoi – Science et vie
- Ce volcan crache de l’or chaque jour et ce n’est pas sa seule spécificité ! | Maxisciences
- Chaque jour, ce volcan antarctique libère plusieurs milliers d’euros d’or directement dans l’air… mais il est complètement inaccessible – Science et vie
- Un volcan en Antarctique crache chaque jour des cristaux d’or – La Libre
Après plusieurs années dans le commerce, j’ai changé d’orientation pour devenir rédactrice spécialisée dans tout ce qui touche aux seniors et aux aides de l’état. Vous découvrirez sur ce site mes articles liés aux retraites, aux allocations familiales, chèques et indemnités ou encore des actualités en lien avec les économies des Français.