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Un sergent de la police métropolitaine de Londres, en arrêt maladie de longue durée, a été licencié après la découverte d’une activité parallèle mise en scène sur les réseaux sociaux. L’affaire concerne Matt Skelt, 34 ans de service, officiellement éloigné du terrain en 2025 pour des problèmes de santé chroniques, tout en apparaissant en ligne comme un entrepreneur très actif autour d’un service de pizzas ambulant. Le dossier illustre une zone grise, l’écart entre incapacité déclarée pour certaines missions et capacité réelle à mener d’autres activités. Dans un contexte où les contrôles se durcissent, la visibilité numérique joue le rôle de déclencheur. Les commissions disciplinaires s’appuient de plus en plus sur des éléments publics, photos, vidéos, annonces d’événements, qui rendent les contradictions plus faciles à documenter, mais qui posent aussi des questions de proportion et de vie privée.
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Matt Skelt, 34 ans de service, rattrapé par sa pizzeria ambulante
Le point de départ, c’est un arrêt maladie longue durée et des indemnités perçues pendant que l’agent est déclaré inapte à certaines tâches. Dans le cas de Matt Skelt, la hiérarchie estime que les contenus publiés en ligne montrent une implication régulière dans la gestion d’une pizzeria ambulante, avec des apparitions lors d’événements et des séquences de promotion. Ce contraste a suffi à faire naître un doute sur la cohérence du récit médical présenté.
Lors de l’audience disciplinaire, une phrase résume l’angle retenu par l’administration, l’agent aurait été suffisamment en forme pour travailler, mais pas suffisamment en forme pour servir le public. Ce n’est pas un détail, car la police repose sur une exigence de disponibilité, d’exemplarité et de confiance. Quand l’image renvoyée devient celle d’une double activité, le sujet n’est plus seulement médical, il devient institutionnel.
Le licenciement, après 34 ans de carrière, souligne la sévérité de la réponse. Pour un policier, perdre son poste sur un dossier de ce type, c’est aussi voir sa réputation durablement affectée, même si l’arrêt maladie était réel. Un représentant syndical londonien, interrogé dans un cas similaire, résumait le risque en une formule, la moindre vidéo devient une pièce au dossier. La nuance, c’est qu’un arrêt n’interdit pas mécaniquement toute activité, mais il oblige à la cohérence.
Réseaux sociaux, un dossier disciplinaire bâti sur des preuves publiques
Dans cette affaire, les réseaux sociaux ne sont pas un décor, ils deviennent une source de preuve. Photos, stories, messages de promotion, participation à des événements, tout ce qui est public peut être capturé, daté, comparé à la chronologie de l’arrêt. Pour un employeur public, c’est un matériau simple à exploiter, sans filature, sans dispositif intrusif, et souvent sans contestation possible sur l’authenticité quand les publications viennent du compte de l’intéressé.
Cette mécanique s’inscrit dans un climat plus large de lutte contre les abus. En France, l’Assurance maladie a chiffré à 7,9 millions d’euros les préjudices financiers détectés et stoppés sur les faux arrêts ou fausses attestations, un montant en hausse de 58% par rapport à 2022. Le chiffre ne dit pas que la majorité des arrêts sont frauduleux, mais il alimente une pression politique et managériale, avec une tentation, parfois, de transformer un soupçon en certitude.
La critique à garder en tête, c’est le risque de jugement hâtif. Une personne peut être incapable d’assurer une mission au contact du public, tout en pouvant effectuer une activité ponctuelle, limitée, ou adaptée. Le problème survient quand l’exposition en ligne donne l’image inverse, rythme soutenu, promotion active, déplacements, présence répétée. Un médecin du travail, Philippe, résume ce point sans détour : « ce n’est pas la photo qui condamne, c’est l’incohérence entre restrictions médicales et comportement affiché ».
Contrôles des arrêts maladie, entre détectives privés et règles d’indemnisation
Quand les doutes montent, certains employeurs vont plus loin que l’observation des réseaux. En France, des collectivités ont déjà eu recours à des détectives privés pour surveiller des agents en arrêt, avec des coûts annoncés entre 5 000 et 10 000 euros pour une mission. Des témoignages décrivent une expérience vécue comme hyper intrusive et traumatisante, preuve que la lutte contre la fraude peut déraper si le cadre légal et la proportion ne sont pas strictement respectés.
Dans le régime général, le fonctionnement des indemnités journalières rappelle aussi les enjeux financiers. Après un délai de carence de trois jours, l’indemnisation correspond à 50% du salaire journalier de base. Ce paramètre explique pourquoi certains dossiers deviennent explosifs, un arrêt long représente une somme significative, et la moindre suspicion d’activité parallèle déclenche une réaction rapide. Pour l’agent, une procédure disciplinaire peut s’ajouter à des contrôles médicaux et administratifs, avec une pression psychologique forte.
Le cas du policier britannique agit comme un avertissement pour tous ceux qui documentent leur quotidien en ligne. Montrer une activité rémunérée ou une organisation professionnelle pendant un arrêt maladie expose à une lecture défavorable, surtout dans les métiers régaliens. Un cadre RH, Marc, qui suit des contentieux d’absentéisme, le dit de façon pragmatique : « le numérique a réduit le temps entre soupçon et dossier ». L’enjeu, désormais, c’est d’éviter le double piège, la fraude d’un côté, la surveillance excessive de l’autre.
Sources
Après plusieurs années dans le commerce, j’ai changé d’orientation pour devenir rédactrice spécialisée dans tout ce qui touche aux seniors et aux aides de l’état. Vous découvrirez sur ce site mes articles liés aux retraites, aux allocations familiales, chèques et indemnités ou encore des actualités en lien avec les économies des Français.