Dès mai, le prix repère fait décoller la facture du gaz de 15,4 % : 7,5 millions de foyers impactés !

Un ménage consulte sa facture de gaz sur smartphone à la maison
La hausse du prix repère annoncée pour mai touche surtout les contrats indexés.

+15,4% TTC au 1er mai 2026, et une hausse moyenne de 6,19 € sur la facture du mois, la CRE annonce un nouveau bond du prix repère du gaz. Dans les faits, près de 7,5 millions de ménages, soit environ 73% des abonnés résidentiels, sont dans le viseur, parce que leur contrat est indexé sur cet indicateur mensuel qui sert de boussole depuis la fin du tarif réglementé. Le mouvement arrive au printemps, donc la consommation baisse souvent avec l’arrêt du chauffage, mais la hausse tombe quand même. Et il y a un point à garder en tête, vous pouvez être concerné sans avoir « changé » quoi que ce soit, juste parce que votre offre suit le prix repère. À l’inverse, ceux qui ont une offre à prix fixe ne voient pas cette augmentation s’appliquer pendant la durée de leur contrat.

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La CRE relève le prix repère à 160,54 /MWh TTC

Le chiffre-clé, c’est le nouveau niveau du PRVG, le prix repère de vente de gaz. Il passe en moyenne à 160,54 /MWh TTC au 1er mai, contre 139,12 /MWh au 1er avril. C’est cette marche, +15,4% TTC, qui se répercute sur les abonnés dont le contrat est indexé. Et comme le prix repère est publié chaque mois, l’ajustement peut être rapide, sans attendre une renégociation.

Dans une facture, la CRE rappelle que le prix repère agrège trois blocs, les taxes, l’acheminement (réseau et stockage) et la fourniture, dont l’approvisionnement. La hausse de mai ne vient pas d’un détail technique obscur, elle est portée surtout par la partie « approvisionnement ». Le résultat est très concret, même si vous consommez moins en mai qu’en janvier, le prix de base de l’énergie augmente.

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La hausse moyenne annoncée, 6,19 € TTC sur la facture de mai, donne un ordre de grandeur, mais elle ne sera pas identique pour tout le monde. Un foyer qui utilise le gaz uniquement pour la cuisson n’a pas le même profil qu’un logement chauffé au gaz, même au printemps. Et il faut aussi intégrer un point un peu frustrant, le prix repère aide à comparer, mais beaucoup de contrats y sont indexés, donc l’indicateur finit par devenir la référence de fait.

Les tensions au Moyen-Orient font grimper la part approvisionnement

La CRE relie cette hausse à la guerre au Moyen-Orient et aux perturbations qu’elle entraîne sur les marchés de l’énergie. Sur la période récente, les prix sur les marchés du gaz ont même « ponctuellement doublé », ce qui a alimenté la hausse de la composante approvisionnement. Ce n’est pas une hausse « locale » liée à un réseau ou à une taxe française, c’est un choc de marché, avec des effets en cascade sur les contrats indexés.

Un détail compte pour comprendre le décalage, la facture augmente en mai, mais le calcul de l’approvisionnement se base sur une moyenne des prix observés les deux mois précédents. Pour mai 2026, ce sont donc les prix de février et mars qui pèsent dans la formule. Dit autrement, même si la tension se calme à un moment donné, l’impact peut arriver plus tard sur la facture, parce que l’indicateur lisse l’évolution au lieu de coller au jour le jour.

C’est là que la nuance s’impose, le printemps « atténue » souvent l’impact, parce que la demande de chauffage chute. Mais ça ne protège pas tout le monde. Un appartement mal isolé, un ballon d’eau chaude au gaz, ou une famille nombreuse, ça continue de consommer. Et ce type de hausse rappelle un point simple, l’exposition aux chocs géopolitiques ne passe pas seulement par l’essence, elle arrive aussi via le gaz et les contrats indexés.

7,5 millions de contrats indexés, les offres à prix fixe épargnées

Le périmètre est massif, environ 7,5 millions de ménages, soit 73% des abonnés résidentiels au gaz, sont concernés parce qu’ils ont une offre indexée sur le prix repère. À l’inverse, environ 27% des abonnés, ceux qui ont une offre à prix fixe, ne se voient pas appliquer cette hausse pendant la durée de leur contrat. C’est un point pratique, l’indexation rend la facture plus réactive, mais aussi plus exposée.

Dans la vraie vie, ça peut créer des écarts très visibles entre voisins. Exemple typique, deux foyers dans le même immeuble, même surface, mêmes habitudes, mais l’un a une offre indexée, l’autre un prix fixe signé plus tôt. En mai, le premier prend la hausse annoncée, le second non. Et si tu te demandes pourquoi tu es touché alors que tu n’as « rien fait », c’est souvent parce que ton contrat suit le prix repère mois après mois.

Un conseiller énergie interrogé dans ce contexte, appelons-le Marc, résume le problème de façon assez brute, « beaucoup de gens découvrent l’indexation quand ça monte, pas quand ça baisse ». La critique tient en une phrase, le prix repère est utile pour comparer, mais il peut aussi devenir un mécanisme de transmission quasi automatique des chocs de marché vers les ménages. Et comme l’augmentation est annoncée au 1er mai, la question de votre type d’offre devient immédiatement centrale.