Carburant: la boulette d’aluminium à la pompe – l’arnaque discrète qui peut vous coûter 150 €

Un automobiliste vérifie le pistolet de carburant avant de repartir
Un geste simple, vérifier l’accrochage du pistolet, limite le risque d’arnaque.

Vous faites votre plein, vous reposez le pistolet, vous remontez en voiture et vous repartez tranquille. Sauf que, dans certaines stations-service, ce geste banal peut laisser votre transaction ouverte, sans que vous vous en rendez compte. Résultat, le client suivant peut se servir sur votre compte, pendant que vous, vous roulez déjà plus loin. Cette arnaque refait surface quand les prix grimpent. Mi-avril, les moyennes évoquées tournaient autour de 2,30 € le litre de gazole et 1,99 pour le SP95-E10. Dans ce contexte, des fraudeurs utilisent une combine très simple, une boulette d’aluminium ou de papier, pour empêcher le pistolet de se verrouiller correctement et garder la transaction bancaire « en cours ».

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À Challans, une boulette d’aluminium bloque le pistolet

Le scénario est sournois parce qu’il ne ressemble pas à une attaque high-tech. Le 3 avril, dans une station-service d’un Hyper U à Challans en Vendée, des boulettes de papier aluminium ont été retrouvées au fond du logement de deux pistolets de gazole. L’objectif est mécanique, pas informatique, empêcher le pistolet de se replacer au fond du support et de « clore » l’opération.

Dans la pratique, vous penez avoir fini. Vous avez payé par carte, vous avez mis, par exemple, 40 ou 60 euros, vous raccrochez vite fait, parfois sans regarder, surtout quand il pleut ou qu’il y a du monde derrière. Sauf que le pistolet n’est pas totalement enclenché, la station considère que la vente n’est pas terminée, et la pompe reste associée à votre paiement.

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Et là, le fraudeur n’a plus qu’à attendre, parfois à quelques mètres, comme un client normal. Il décroche le pistolet, remplit son réservoir ou des jerrycans, et c’est ton compte qui est débité. Le plus piégeux, c’est que tu peux ne t’en apercevoir qu’en vérifiant ton relevé bancaire, quand la somme finale dépasse ce que tu avais prévu.

Le plafond de 150 € par carte rend l’arnaque rentable

Cette combine vise une particularité très concrète du paiement en station, le plafond de préautorisation. Un responsable carburant a rappelé un chiffre qui parle à tout le monde : « quand tu payes par carte, le crédit maximum est souvent de 150 €. Donc si tu ne consommes qu’une partie, il reste une marge, et c’est précisément cette marge que l’escroc cherche à « manger » avant que la transaction ne se ferme ».

Exemple typique donné sur place : on met 60 de carburant et on repar. Si le pistolet a été mal raccroché, la personne suivante peut encore prendre 90 sur la même autorisation, sans rien payer elle-même. Dit comme ça, on comprend vite pourquoi ça revient quand les prix sont élevés, quelques minutes suffisent pour récupérer l’équivalent d’un plein.

Le piège, c’est qu’on n’a pas forcément une alerte immédiate. Selon les banques et les terminaux, la préautorisation puis le débit final peuvent se présenter de façon différente. De ce fait, on peut voir passer une somme supérieure sans faire tout de suite le lien avec la station. Et si on fait le plein en déplacement, vacances, travail, autoroute, on a encore moins de repères.

Ticket, accrochage, refus d’aide: les réflexes qui limitent les dégâts

Le premier réflexe, c’est bête mais ça marche : vérifier visuellement et au toucher que le pistolet est bien « claqué » dans son support. Pas juste posé. Si vous sentez une résistance étrange, si le pistolet rebondit, si la poignée ne revient pas au fond, vous vous arrêtez et vous recommencez. Et vous demandez l’impression du ticket, parce que l’impression stoppe la transaction.

Dans certaines stations touchées, des affichettes ont été posées près des pompes pour prévenir les clients. C’est utile, mais ne comptez pas dessus, vous pouvez tomber sur une station sans message, ou sur une pompe non signalée. Si vous voulez réduire le risque, prenez l’habitude de demander un reçu, même quand vous n’en avez pas besoin, juste pour « fermer » l’opération proprement avant de partir.

Dernier point, plus classique mais toujours d’actualité, méfiez-vous aussi des sollicitations sur place. Une autre arnaque décrite ces derniers mois repose sur quelqu’un qui vous demande quelques litres en échange d’un billet, parce qu’il aurait « oublié sa carte ». Le conseil est simple : vous refusez, parce que vous pouvez vous retrouver avec un faux billet ou une situation qui dégénère. Aider, c’est bien, mais à la station-service, la prudence passe d’abord.