Au 1er janvier 2027, la Carsat s’oriente vers une hausse de +1,6% pour contrer 2% d’inflation alors que l’Agirc-Arrco se fait attendre

Un couple examine une estimation de retraite sur documents et smartphone
Les revalorisations 2027 dépendront des chiffres d’inflation arrêtés à l’automne.

Une hausse de pension se profile pour 2027, mais son ampleur reste encadrée par des règles de calcul et, pour les complémentaires, par une négociation. D’après les projections de l’Insee publiées le 17 juin, les prix augmenteraient d’environ 2% sur l’ensemble de l’année 2026. Cette estimation sert de base à plusieurs revalorisations, dont celles de la retraite de base versée par l’Assurance retraite, via la Carsat ou la Cnav, et de la retraite complémentaire Agirc-Arrco. Pour la retraite de base, une première estimation issue des travaux de la commission des comptes de la Sécurité sociale fait ressortir une revalorisation de 1,6% au 1er janvier 2027. Pour l’Agirc-Arrco, la décision est attendue début octobre pour une application au 1er novembre. Les chiffres peuvent donc évoluer d’ici là, au gré de l’inflation des prochains mois et des arbitrages des partenaires sociaux.

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La Carsat pourrait viser +1,6% au 1er janvier 2027

La revalorisation des pensions de base versées par l’Assurance retraite, via la Carsat ou la Cnav, intervient au 1er janvier. Elle se calcule à partir de l’inflation hors tabac, mesurée par l’Insee sur une période lissée de douze mois, puis arrêtée en octobre. À ce stade, une première estimation mentionne 1,6% pour janvier 2027, calculée sur l’inflation de novembre 2025 à octobre 2026, avec un résultat susceptible d’être révisé.

Pour mesurer ce que représente une hausse de 1,6%, on peut raisonner en ordres de grandeur. Sur une pension brute de base de 1 000 euros, l’augmentation théorique serait de 16 euros bruts par mois, et de 24 euros bruts pour 1 500 euros. Dans la pratique, ce montant ne se traduit pas toujours à l’identique sur le net versé, car des paramètres comme les cotisations sociales peuvent évoluer et modifier le ressenti, ce qui alimente régulièrement l’incompréhension de certains retraités.

Retraites Cnav et Carsat : une hausse de 1,6 % confirmée par la Sécurité sociale pour janvier 2027

La nuance importante tient au contexte de prix. Le rapport de la commission des comptes souligne une incertitude liée à une remontée des prix à la consommation, poussée par le prix du baril de pétrole. De ce fait, l’estimation de 1,6% n’a rien d’un verrou ; elle constitue un repère de mi-année avant l’arrêté d’octobre. Autre point de comparaison : les pensions de base ont augmenté de 0,9% début 2026, après 2,2% début 2025 et 5,3% début 2024, ce qui rappelle la variabilité des revalorisations selon l’inflation.

L’Agirc-Arrco décidera en octobre : une hausse discutée entre 1,2% et 2%

La retraite complémentaire des salariés du privé, gérée par l’Agirc-Arrco, suit un calendrier différent, avec une revalorisation en principe au 1er novembre. La base de discussion repose sur l’estimation annuelle de hausse des prix de l’Insee, annoncée autour de 2% pour 2026. Mais la gouvernance du régime laisse une marge de manœuvre, et la fourchette évoquée pour la discussion se situerait entre 1,2% et 2%, avant une décision définitive attendue début octobre.

Ce pilotage s’inscrit dans des règles fixées par un accord national interprofessionnel du 5 octobre 2023, pour la période 2024-2026. Le principe est un suivi de l’évolution des prix hors tabac estimée par l’Insee, diminuée de 0,4 point, puis ajustable dans une limite de plus ou moins 0,4 point. Concrètement, si l’inflation retenue était 2%, une trajectoire centrale serait 1,6%, avec la possibilité de s’écarter, à la hausse ou à la baisse, selon la décision des partenaires sociaux.

La négociation peut aussi être influencée par l’épisode récent d’absence d’accord. Lors de leur réunion du 17 octobre 2025, les organisations syndicales et patronales n’avaient pas trouvé de compromis, ce qui avait conduit à un gel au 1er novembre 2025. Ce précédent pèse dans les attentes, avec une question qui revient : celle d’une éventuelle compensation, sans garantie à ce stade. Mais la discussion est annoncée tendue, ce qui rappelle que la complémentaire n’obéit pas à une mécanique automatique identique à celle des retraites de base.

Inflation hors tabac, calendrier d’octobre et écarts de pension : ce qui peut changer d’ici 2027

L’élément commun aux deux régimes reste l’indicateur de référence : l’inflation hors tabac. Pour la retraite de base, l’Insee calcule une inflation lissée sur douze mois, arrêtée en octobre, puis appliquée au 1er janvier 2027. Pour l’Agirc-Arrco, l’estimation de hausse des prix de l’année en cours sert aussi de point d’appui, mais la décision dépend d’un vote des administrateurs, attendu en octobre pour une application au 1er novembre. Cette double séquence impose d’attendre l’automne pour une visibilité proche du chiffre final.

Un point souvent sous-estimé par les retraités est l’écart entre une hausse en pourcentage et son effet sur la vie quotidienne. Une revalorisation de 1,6% sur une petite pension n’a pas la même portée que sur une pension plus élevée, alors que les dépenses contraintes comme l’énergie ou l’alimentation ne se réduisent pas proportionnellement. De plus, les paramètres de prélèvements peuvent brouiller la lecture du gain mensuel ; certains constatant une hausse du brut mais un net moins dynamique si les cotisations évoluent.

Pour ceux qui veulent se préparer, les outils en ligne des régimes permettent au moins de vérifier les droits et les montants estimés. L’Agirc-Arrco propose une estimation via un service accessible dans l’espace personnel, et un entretien gratuit avec un conseiller retraite pour faire le point. Sans promettre un chiffre définitif avant l’automne, cette démarche aide à simuler l’effet d’une revalorisation sur la part complémentaire, et à distinguer ce qui relève du montant de pension de ce qui dépend d’éventuels changements de prélèvements ou de situation personnelle.