Agirc-Arrco : la CFE-CGC et la CGT attaquent le gel 2025 – une hausse rétroactive est-elle possible ?

Un couple de retraités examine ses documents de retraite à domicile
En 2026, des syndicats contestent en justice le gel des pensions complémentaires Agirc-Arrco appliqué en 2025.

Le gel des retraites complémentaires Agirc-Arrco au 1er novembre 2025 est devenu un sujet judiciaire. Le 16 juillet 2026, la CFE-CGC et la CGT ont annoncé leur intention d’assigner en justice les principales organisations patronales devant le tribunal judiciaire de Paris, en visant une revalorisation des pensions versées aux ex-salariés du privé. À l’origine, une séquence de gouvernance : le 17 octobre 2025, faute d’accord entre employeurs et syndicats au sein du conseil d’administration, aucune hausse n’a été votée, conformément à la règle du régime. La question posée en 2026 est précise, une juridiction peut-elle remettre en cause un gel décidé dans ce cadre, et, si oui, ouvrir la voie à une augmentation rétroactive pour l’année 2025.

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Le mécanisme est connu des affiliés : chaque année, les partenaires sociaux fixent le niveau d’évolution des retraites complémentaires, en tenant compte de la conjoncture, des prévisions d’inflation et des équilibres du régime. Quand un accord est voté, la revalorisation s’applique au 1er novembre. En 2025, la réunion du 17 octobre 2025 s’est soldée par un échec, et la règle prévoit alors une absence de revalorisation.

Les positions étaient éloignées. Selon les informations publiées à l’époque, des syndicats demandaient une hausse de 1%, tandis que le patronat plaidait pour 0,2%. Les deux propositions ont été rejetées lors des votes. Dans le même mouvement, il a été acté que la valeur d’achat du point ne serait pas modifiée au 1er janvier 2026, un élément important pour les actifs qui cotisent et acquièrent des points.

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Le contexte rendait la décision sensible, car 2025 devait se discuter avec une référence d’inflation. Le cadre rappelé par l’administration indiquait une hausse des prix (hors tabac) prévue à 1% par l’Insee pour 2025, avec une base de discussion à 0,6% après un ajustement. La marge de manœuvre évoquée situait le champ des possibles entre 0,2% et 1%, ce qui souligne que le gel n’était pas le seul scénario envisageable.

La CFE-CGC et la CGT visent une revalorisation après le gel 2025

L’annonce de la CFE-CGC et de la CGT, publiée mi-juillet 2026, vise directement les organisations patronales, avec une assignation annoncée devant le tribunal judiciaire de Paris. Les syndicats cherchent à obtenir une revalorisation des pensions malgré le gel appliqué au 1er novembre 2025. Derrière la formule, l’enjeu est d’obtenir une correction financière, potentiellement sous forme de hausse rétroactive si la justice leur donnait raison.

Le différend porte aussi sur la négociation elle-même. D’après les éléments rapportés, le patronat a opposé un blocage aux demandes des cinq principaux syndicats, refusant une hausse de 1% et même de 0,8% lors de la réunion d’octobre 2025. Les échanges ultérieurs ont aussi écarté l’idée d’une revalorisation intermédiaire, donc avant celle attendue le 1er novembre suivant. Ce point est central : il décrit une absence d’espace de compromis, alors que le régime fonctionne sur l’accord.

Une nuance s’impose : l’action en justice ne préjuge pas de l’issue. Les partenaires sociaux gèrent le régime, et l’absence d’accord déclenche automatiquement le non-relèvement. La contestation devra donc s’attaquer au fond, la façon dont les règles ont été appliquées, ou la légalité du blocage dans la gouvernance. En pratique, la procédure peut être longue, ce qui laisse perdurer l’impact pour les retraités tant qu’aucune décision n’est rendue.

Hausse rétroactive, point inchangé et effets concrets pour 14 millions de retraités

Pour les retraités, la question de la rétroactivité est la plus concrète : une décision favorable pourrait conduire à recalculer des montants dus au titre de 2025, puisque la revalorisation attendue au 1er novembre 2025 n’a pas eu lieu. Une hausse rétroactive signifierait, selon le scénario retenu, une réévaluation de la pension versée depuis cette date, avec un rattrapage. À ce stade, l’ampleur éventuelle ne peut pas être chiffrée sans décision, puisque le taux reste au cœur du litige.

Pour les actifs, l’autre volet concerne la valeur d’achat du point, restée inchangée au 1er janvier 2026. Cela touche la quantité de cotisations nécessaires pour acquérir un point supplémentaire. Le gel de cette valeur peut être perçu comme un facteur de stabilité, mais il n’efface pas le débat sur le niveau des pensions servies. Le régime rappelle son périmètre ; il est au service de 28 millions de salariés, 14 millions de retraités et 1,8 million d’entreprises, ce qui donne la mesure des effets d’un arbitrage, même limité à quelques dixièmes de point.

Le précédent des années récentes rappelle que la revalorisation n’est pas théorique : les pensions avaient été relevées de 1,6% au 1er novembre 2024 et de 4,9% au 1er novembre 2023. Le contraste nourrit la tension sociale autour de 2025, car un gel rompt une dynamique d’ajustements annuels. Le calendrier des paiements en 2026 reste, lui, stable, avec un versement le premier jour ouvré du mois ; la date effective dépendant de la banque, ce qui n’atténue pas l’enjeu principal : le niveau de la pension sur la durée.