Les arbres peuvent-ils monter jusqu’au ciel ? A regarder la croissance du marché des fonds et produits indiciels cotés, ces désormais fameux ETF et ETP (Exchange traded funds et products) chargés de répliquer la performance d’un indice boursier, on pourrait presque se poser la question, tant ils volent de record en record.

Les souscriptions sur les six premiers mois de l’année en Europe se sont établies à 32,1 milliards de dollars (23,6 milliards d’euros), selon les chiffres fournis par le cabinet indépendant ETFGI. Le dernier record semestriel date de 2011 à 20,5 milliards. Aux Etats-Unis, les souscriptions ont été de 126,6 milliards contre un précédent record de 106,4 milliards. Au total, les encours de ce marché apparu il y a quarante ans outre-Atlantique, mais il y a seulement une quinzaine d’années en France, valent 2.640 milliards de dollars, l’équivalent du marché des « hedge funds ». Ils sont à leur plus haut historique.

En Europe, c’est iShares, la marque du géant américain BlackRock qui continue de rafler la mise. Loin derrière, Lyxor, la filiale de la Société Générale, arrive tout de même deuxième, après avoir grignoté des parts de marché à ses principaux concurrents tout au long du semestre.
Utilisation stratégique des ETF

Utilisation stratégique des ETF

La hausse des marchés a évidemment facilité les actes d’achats par les clients, essentiellement institutionnels en Europe. Mais pas seulement. «  Aujourd’hui, j’ai des clients qui arrivent à générer de la performance en utilisant les ETF de façon stratégique, en les allouant selon leurs convictions. Il ne s’agit plus pour eux de détenir des ETF de façon temporaire, en attendant d’acheter des fonds de gestion plus active », explique Olivier Paquier chez SPDR (groupe State Street).

«  Je pense que la collecte nette va continuer d’être positive, aidée en cela par des évolutions réglementaires comme en Angleterre ou aux Pays-Bas, la directive MiFID II en Europe, et la prise de conscience que la plupart des fonds gérés activement ne délivrent pas de surperformance de façon constante dans le temps », explique aux « Echos » Deborah Fuhr, fondatrice d’ETFGI. Du coup, les investisseurs détiennent des ETF de façon plus large et pour des périodes de temps plus longues. L’argument prix commence à porter auprès de certains investisseurs qui ont constaté la sous-performance de leurs fonds actifs, parfois en raison de frais trop élevés.

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