En baisse à partir de mai 2016, les chiffres du chômage sont à nouveau très légèrement à la hausse, puisque le troisième trimestre 2016 montre un recul de l'emploi de 0,1 point par rapport au trimestre précédent, tout en étant nettement meilleur que le troisième trimestre 2015, avec une progression de 0,4 point. L'analyse des chiffres du chômage doit en effet tenir compte de variations saisonnières importantes, accentuées par les politiques de formation menées par le gouvernement.

La particularité du mois de septembre dans les courbes du chômage

Septembre est traditionnellement un mauvais mois pour le chômage. Il cumule l'arrivée sur le marché de l'emploi des saisonniers de l'été en fin de contrat et des étudiants diplômés à la recherche d'un premier poste, ces derniers attendant généralement la rentrée pour se mettre activement à la recherche d'un emploi et s'inscrire à Pôle Emploi.

Or l'impact de cette arrivée importante, qui englobe aussi bien des bacheliers que des diplômés de cycles universitaires ou de formations professionnelles courte, est suffisamment fort pour anéantir l'impact des emplois de l'été, arrivant à échéance majoritairement en septembre.

C'est ce phénomène bien connu des analystes de l'INSEE qui explique l'apparente contradiction entre une baisse de 0,1 point et la communication optimiste du gouvernement, qui affirme avoir enfin retourné cette fameuse courbe du chômage. D'ailleurs, la note de conjoncture de l'INSEE met bien en évidence l'amélioration par rapport à 2015.

L'impact des fins de formation

Septembre 2016  voit de plus le retour sur le marché du travail de nombreux chômeurs ayant bénéficié de formations. Si certains économistes pensent que la formation n'est pas la panacée, qu'elle doit, en tout cas, être adaptée aux besoin du marché du travail, ils semblent avoir été entendus cette année. Le plan "500.000 formations" passe en effet par une analyse approfondie des besoins d'emploi locaux : plus question de former par principe des demandeurs d'emploi à des métiers sans débouchés locaux.

Les formations proposées sont donc focalisées sur des métiers qui embauchent traditionnellement, en particulier les métiers de bouche et du réceptif, certains services à la personnes et les métiers de la construction (avec l'impact positif sur le bâtiment de la loi Pinel, le secteur embauche à nouveau), qu'il s'agisse de primo-formations, comme un cap de pâtissier ou un BTS de secrétaire médical, ou de formation continue permettant à des chômeurs de se remettre à niveau par rapport à l'évolution technique de leur métier.

Or plus un plan de formation a du succès, plus le nombre de formés est important… plus le nombre de demandeurs d'emploi en fin de formation va être important, quelques mois plus tard ! C'est ainsi que Septembre 2016 voit une augmentation du nombre de chômeurs de moins de trois mois.

La courbe du chômage longue durée ne s'améliore pas

Par contre, le nombre de chômeurs inscrits à Pôle Emploi depuis plus d'un an ne diminue toujours par, après une explosion en 2008. Il est significatif d'un décalage connu entre les attentes du marché et les propositions des demandeurs d'emploi, puisque 31% des entreprises indiquent avoir des problèmes à recruter. Mais ce décalage ne tient pas obligatoirement à la formation : l'âge du chômeur peut aussi avoir son importance. Les seniors, alors qu'ils sont qualifiés, ont beaucoup plus de difficultés que les autres à retrouver du travail, au point qu'une bonne partie d'entre eux s'orientent vers l'auto-emploi, soit en tant qu'autoentrepreneur, soit via un portage salarial ou une coopérative d'emploi.